Dimanche 19 mars 2006
Ben Harper

dégaine son nouvel album

le 20 mars 2006

Both sides of the gun




Both sides of the gun…tout est dit dans le titre, ou presque. Sur la forme d’abord, Ben Harper nous livre pour son septième opus studio, un double album, deux faces d’une même artillerie, un même arsenal ; et le moins que l’on puisse dire, c’est que Ben Harper fait mouche, une fois de plus. On trouve donc sur un premier cd, une ambiance très intimiste, dépouillée, proche de ses deux premiers albums, Welcome to a cruel world et Fight for your mind, dont ses fans ne se sont jamais relevés, touchés…en plein cœur. Sur le second volume, on retrouve une ambiance très 70’s…il y a du Ray Charles, du Rolling Stones, du Bob Dylan, du Led Zep’…

Il ne s’agit pas pour autant d’une revisite, mais d’une véritable re-création. Tous ces artistes, toutes ces musiques, deviennent du ben Harper au son de sa weissenborn et de sa voix. Ben Harper est un artiste profondément protéiforme, et sa musique est à son image : métissée. Il est la mémoire culturelle et musicale des Etats-Unis, une synthèse de ce qui s’est fait de mieux durant tout le vingtième siècle. Mais cela reste avant tout du Ben Harper, avec un son qui lui est totalement propre, reconnaissable aux premières notes. Il sait tout faire, tout chanter, du blues, de la folk, du funk, du rock, du reggae…et surtout du Ben Harper. C'est cela avant tout qui le caractérise: faire du Ben Harper. Pour s'en convaincre, il suffit de le voir sur scène reprendre des tubes de ses idoles: cela reste du Ben Harper quand il fait Sexual Healing de Marvin Gaye, ABC des Jackson five, ou encore well well well de Bob Dylan.
Rarement un artiste aura été autant habité par sa musique; au point d'avoir suscité à ses débuts une véritable ferveur mystique chez ses fans, qui le voyaient comme une sorte de nouveau prophète, un nouveau messie. Il y avait là quelque chose de profondément religieux; certains s'attendant à le voir marcher  sur l'eau...mais ce qu'il fait au final avec sa guitare est tellement mieux, tient tellement davantage du miracle. Un ras-harper-isme?
Il est celui qui rend possible l'incompréhensible, celui qui rend accessible l'inconnu, parce que lorsqu'il chante I shall not walk alone, tout athée et agnostique que vous soyez, vous comprenez alors ce qu'est la foi et le mysticisme, tout ce qu'il peut y avoir de beau et de touchant dans la croyance.
Dans cet album, une fois de plus, il observe le monde qui l’entoure et tire à bout portant sur tout ce qui le met en colère : Bush en prend pour son grade dans Black Rain, l’oncle Sam dans Gather round the stone. Engagé, cet album l’est profondément, tout comme le personnage.
Ben Harper aurait pu surfer sur la vague qui a fait le succès de ses premiers albums, mais il n’a jamais choisi la facilité et a toujours préféré les chemins de traverse, ceux où on ne l’attendait pas. D’album en album, il s’expose à l’incompréhension, voire, la déception de ses fans ; parce que ce qui fait sa richesse, c’est justement son éclectisme. Où va-t-il aller, vers où va-t-il nous mener cette fois-ci ?
Peu importe finalement, qu’il s’envole, et suive qui pourra…


Par Son - Publié dans : Musique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus