Vendredi 10 mars 2006
Le nouvel opus de Placebo arrive enfin dans les bacs ce lundi 13 mars. Meds était annoncé comme un retour aux sources placebo-rockéennes ou placebo-rockuptibles (comme on voudra..)
En effet aprés le succès pour le moins écrasant (plus de 800.000 albums vendus) du précédent album Sleeping with ghosts qui a révélé Placebo au grand public, le trio avait exprimé sa volonté de retrouver les sensations d'un premier album. Pour ce faire ils ont sollicité les services du français Dimitri Tikovoï
Il est vrai que Sleeping with ghosts aura permis au groupe d'affoler les minettes en mal de sensations rock, de remplir des grandes salles et surtout de rendre leur musique accessible (ce qui en aura déçu plus d'un).N'oublions pas que avant 2004, Placebo se situait plutôt dans la catégorie de ces groupes dits alternativo-underground réservés à des oreilles averties. Aujourd'hui, Placebo semble être devenu indispensable et ce cinquième album réserve quelques surprises, mais n'est pas pour autant à la hauteur des ambitions affichées par le groupe.
13 chansons pour tenter de retrouver ses racines rock.. 13 chansons bien ficelées, comme toujours chez Placebo. Les guitares sont de retour, le son Placebo toujours présent, mais on reste malheureusement un peu sur notre faim pour la majorité des titres. Une chose est sûre, Meds ne déconcertera pas le public. Les chansons sont réellement inspirées, mais on déplorera qu'elles restent cantonnées dans un format qui les empêche de vraiment prendre leur envolée et accéder à une dimension plus introspective. En effet, l'album est trop tourné vers le marché musical.
Pour les surprises, VV, la chanteuse de The Kills s'est invitée sur la chanson éponyme de l'album, dont les accents rappellent l'ambiance de l'album Without you I'm nothing. Le titre Broken promise nous réserve la présence de Michael Stipe de REM, qu'on ne reconnaît pas forcément à la première écoute tant il chante bas. Ce morceau est sans doute l'un des meilleurs de l'album. Intro toute en douceur avec piano et voix de Michael Stipe, puis arrivée fracassante de Molko et ses guitares hyper saturées. Tout le titre suit cette alternance, entre le Bruit et la fureur comme aurait pu dire Faulkner.
Dans Meds, on retrouve un Brian Molko égal à lui-même, peut être un peu trop d'ailleurs, mais les chansons se suivent et on se ravit toujours un peu plus de retrouver cette voix, nasillarde mais envoûtante. Meds, comme souvent avec les albums de Placebo, est une drogue lente, à la première écoute, on n'est pas sûr d'aimer, mais on ne pense qu'à une chose, réécouter, encore et encore et encore, pour finalement ne plus pouvoir s'en passer.
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